Études d’infirmier après le bac : le guide complet pour entrer en IFSI
Vous envisagez des études d’infirmier et vous vous heurtez rapidement à deux informations contradictoires. D’un côté, le métier recrute partout et l’insertion professionnelle est excellente. De l’autre, entrer en institut de formation en soins infirmiers relève du parcours du combattant, avec des instituts qui reçoivent plusieurs milliers de candidatures pour une centaine de places. Les deux affirmations sont vraies en même temps, et c’est précisément ce qui rend la préparation du dossier décisive.
Une nouveauté s’ajoute cette année. Le référentiel de la formation a été refondu par un décret et un arrêté publiés au Journal officiel en février 2026. Les étudiants qui entrent en première année à partir de septembre 2026 suivent un programme différent de celui de leurs aînés, avec un volume horaire augmenté et de nouveaux terrains de stage obligatoires. Si vous candidatez pour la rentrée 2027, c’est ce nouveau cadre qui vous concerne.
Ce guide vous explique concrètement comment se déroulent les études d’infirmier, ce que la sélection Parcoursup examine réellement dans un dossier, quels profils sont retenus, et quelles sont les voies possibles après le diplôme. Vous y trouverez aussi les alternatives à préparer en parallèle, parce que candidater uniquement en IFSI est une stratégie risquée.
Sommaire
- Études d’infirmier : en quoi consiste la formation en IFSI ?
- Ce qui change avec la réforme de septembre 2026
- Entrer en études d’infirmier : la sélection sur Parcoursup
- Les attendus nationaux et le profil réellement recherché
- Construire une candidature solide en IFSI
- Débouchés, spécialisations et poursuites d’études
- Les alternatives si la candidature n’aboutit pas
- Besoin d’aide ?
- Questions fréquentes
Études d’infirmier : en quoi consiste la formation en IFSI ?
Les études d’infirmier se déroulent dans un institut de formation en soins infirmiers, couramment appelé IFSI. Il en existe environ trois cent cinquante en France, adossés à un centre hospitalier ou à une structure privée, et tous rattachés à une université par convention. La formation dure trois ans, soit six semestres, et débouche sur le diplôme d’État d’infirmier, qui confère le grade de licence et 180 crédits ECTS.
Le premier point à comprendre est la répartition du temps. La formation est construite sur une alternance quasi paritaire entre les enseignements à l’institut et les stages en milieu professionnel. Concrètement, un étudiant passe environ la moitié de son cursus sur le terrain, en service hospitalier, en structure médico-sociale, au domicile des patients ou en santé mentale. Cette immersion précoce est ce qui distingue le plus nettement les études d’infirmier d’une licence universitaire classique.
Le second point concerne le contenu théorique, souvent sous-estimé. Le programme mobilise l’anatomie, la physiologie, la pharmacologie, la santé publique, la législation professionnelle et le raisonnement clinique. Beaucoup de candidats imaginent une formation essentiellement pratique et découvrent un volume de connaissances scientifiques important, évalué par des examens écrits semestriels. Le ministère de la Santé détaille cette organisation sur sa page consacrée à la formation en soins infirmiers.
Le troisième point est le rythme. Les études d’infirmier laissent peu de temps libre : les semaines de stage suivent les horaires du service, parfois décalés, et se combinent avec les examens et les travaux écrits. Les vacances sont plus courtes que dans le reste de l’enseignement supérieur.
Ce qui change avec la réforme de septembre 2026
Le cadre des études d’infirmier reposait depuis quinze ans sur l’arrêté du 31 juillet 2009. Il a été remplacé par le décret n° 2026-130 du 20 février 2026 et par l’arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d’État d’infirmier, tous deux publiés au Journal officiel. Le nouveau référentiel s’applique aux étudiants entrant en première année à compter de septembre 2026. Ceux qui ont commencé avant restent régis par le texte de 2009.
Voici les évolutions à retenir si vous préparez votre candidature.
| Élément | Ce que prévoit le nouveau cadre |
|---|---|
| Durée | Trois ans et six semestres, durée inchangée |
| Diplôme | Diplôme d’État délivré par l’université, grade de licence, 180 crédits ECTS, niveau 6 |
| Volume horaire | Augmenté par rapport au référentiel précédent |
| Structure du programme | Organisation en cinq domaines d’enseignement, dont les sciences infirmières et le raisonnement clinique |
| Stages | La santé mentale et la santé de l’enfant deviennent des terrains de stage obligatoires |
| Compétences | La prescription infirmière est intégrée aux enseignements de dernière année |
Quelle conséquence pour un lycéen de terminale ? Aucune sur la procédure, qui reste identique. En revanche, cela change votre projet de formation motivé : vous pouvez montrer que vous vous êtes informé sur le cadre réel de la formation, ce que très peu de candidats font, et la place accrue de la santé mentale et de la pédiatrie ouvre des angles de motivation crédibles.
Un conseil de prudence : les instituts adaptent progressivement leur maquette pédagogique. Vérifiez les informations propres à chaque institut sur sa fiche Parcoursup plutôt que sur un forum.
Entrer en études d’infirmier : la sélection sur Parcoursup
Depuis 2019, il n’existe plus de concours d’entrée en IFSI pour les candidats titulaires du baccalauréat. L’admission se fait exclusivement par examen du dossier sur Parcoursup, par des commissions constituées au sein de regroupements d’instituts. Cette suppression du concours a rendu la candidature plus accessible en apparence, et bien plus concurrentielle en réalité, puisque le nombre de candidats a fortement augmenté.
La formation en soins infirmiers figure parmi les formations les plus demandées de la plateforme. Dans les instituts d’Île-de-France et des grandes métropoles, le rapport entre candidatures et places est particulièrement tendu, alors que certains instituts de villes moyennes le sont nettement moins. Cette disparité est votre principale marge de manœuvre stratégique.
Le fonctionnement des regroupements
Les IFSI sont organisés en regroupements. Un vœu porte sur un regroupement, à l’intérieur duquel vous classez les instituts par ordre de préférence en sous-vœux. Cela permet de candidater dans plusieurs instituts sans consommer plusieurs vœux, mais la règle du nombre maximal de sous-vœux s’applique. Vérifiez chaque année les plafonds exacts sur la plateforme Parcoursup avant de construire votre liste.
Le calendrier à anticiper
La séquence de la procédure est stable d’une année sur l’autre. La carte des formations ouvre à la mi-décembre, l’inscription et la formulation des vœux se déroulent de la mi-janvier à la mi-mars, la confirmation des vœux intervient début avril, et la phase d’admission principale démarre début juin. Les dates exactes de la session 2027 sont publiées par le ministère à l’automne. Si le fonctionnement général de la plateforme vous échappe encore, notre guide sur le fonctionnement de Parcoursup reprend chaque étape sans jargon.
Le questionnaire d’auto-évaluation
Pour confirmer un vœu en IFSI, vous devez remplir un questionnaire d’auto-évaluation accessible depuis votre dossier. Point important, souvent mal compris : vos réponses ne sont pas transmises aux instituts et n’interviennent pas dans la sélection. Ce questionnaire sert à vous aider à mesurer l’adéquation entre votre projet et la formation. L’Onisep le rappelle explicitement dans ses ressources sur la formation d’infirmier. Prenez-le au sérieux pour vous-même, sans stress pour votre dossier.
Les attendus nationaux et le profil réellement recherché
Cinq attendus nationaux encadrent l’examen des candidatures en études d’infirmier. Ils sont publics et figurent sur chaque fiche de formation. Les voici, avec ce que les commissions cherchent concrètement derrière chacun.
- Intérêt pour les questions sanitaires et sociales. Les commissions regardent si vous avez une connaissance minimale du système de santé et du secteur médico-social, au-delà de l’envie d’aider les gens.
- Qualités humaines et capacités relationnelles. Écoute, attention à l’autre, travail en équipe, capacité à communiquer. Ces qualités ne se déclarent pas, elles se démontrent par des situations vécues.
- Compétences en expression écrite et orale. La maîtrise du français est examinée directement à travers votre projet de formation motivé. Un texte mal rédigé pèse plus lourd qu’on ne l’imagine.
- Aptitudes à la démarche scientifique. Capacité à raisonner, à analyser une situation, à interpréter des données. Les notes en sciences comptent, mais la méthode aussi.
- Maîtrise des bases de l’arithmétique. Ce point surprend souvent. Il renvoie aux calculs de doses et de débits, qui sont une compétence professionnelle quotidienne et un motif réel d’échec en première année.
Ces attendus figurent en détail sur la fiche Onisep du diplôme d’État d’infirmier.
Quelles spécialités choisir au lycée ?
Aucune combinaison n’est imposée au niveau national pour des études d’infirmier. La SVT reste la plus directement utile compte tenu du poids de l’anatomie et de la physiologie. Les mathématiques sécurisent le volet calculs. La physique-chimie aide en pharmacologie. Les élèves venant de terminale ST2S ou d’un bac professionnel du secteur sanitaire et social sont également admis chaque année. Ce qui compte vraiment, c’est le niveau obtenu et la cohérence de l’ensemble du dossier, pas une combinaison magique.
Construire une candidature solide en IFSI
Une commission examine des centaines de dossiers dont les bulletins se ressemblent beaucoup. Ce qui départage n’est presque jamais le dixième de moyenne, mais la capacité à démontrer que le projet est informé et réfléchi. Voici la méthode que nous appliquons avec les familles que nous accompagnons.
1. Documenter une expérience du soin
Un stage d’observation, un engagement chez les secouristes, une formation aux premiers secours, un job d’été en EHPAD ou un service civique : toute expérience concrète pèse. Elle ne doit pas seulement être citée, mais exploitée : ce que vous avez observé, ce qui vous a surpris, ce que cela a modifié dans votre représentation du métier.
2. Écrire un projet de formation motivé qui ne ressemble à aucun autre
Trois quarts des textes commencent par une variante de « depuis toute petite, je veux aider les autres ». Cette phrase ne dit rien de vous. Un texte efficace tient en quatre blocs : ce qui a déclenché l’intérêt et comment vous l’avez vérifié, ce que vous savez réellement de la formation, en quoi votre profil scolaire y répond, et ce que vous comptez en faire ensuite. Notre méthode complète est détaillée dans notre guide sur l’accompagnement du dossier Parcoursup.
3. Soigner la rubrique Activités et centres d’intérêt
Cette rubrique facultative est lue attentivement pour les formations de santé. Elle fait apparaître ce que les bulletins ne montrent pas : responsabilités associatives, encadrement, engagements bénévoles. C’est souvent là que se joue l’attendu relationnel.
4. Construire une liste de vœux réaliste
L’erreur la plus fréquente consiste à ne demander que les instituts les plus demandés de sa métropole. Une liste équilibrée combine des instituts très demandés, des instituts intermédiaires et des instituts moins tendus, y compris dans une autre région si la mobilité est envisageable. Les taux d’accès des années précédentes sont consultables sur chaque fiche de formation.
Exemple illustratif
Prenons le cas, fictif mais représentatif des situations que nous rencontrons, d’une élève de terminale avec des résultats corrects sans être brillants, une moyenne autour de 13, et une réelle envie de soigner. Son premier projet de formation motivé tenait en huit lignes sur sa vocation. Après travail, il s’appuyait sur trois éléments vérifiables : une semaine d’observation dans un service de gériatrie, le constat que la dimension relationnelle du soin l’avait davantage marquée que le geste technique, et un intérêt documenté pour la santé mentale qui rejoignait la place nouvelle de ce stage dans le référentiel. Le dossier n’était pas devenu meilleur scolairement, il était devenu lisible et crédible. C’est cette différence-là qui se joue en commission.
Débouchés, spécialisations et poursuites d’études
Le principal atout des études d’infirmier est la sécurité de l’emploi. Le diplôme d’État permet d’exercer immédiatement, en établissement de santé public ou privé, en structure médico-sociale, en entreprise, à l’école, ou en libéral après quelques années d’expérience salariée. Peu de formations post-bac offrent un tel niveau d’insertion à trois ans.
Le second atout est moins connu : le diplôme n’est pas un point d’arrivée.
| Voie | Nature | Accès |
|---|---|---|
| Infirmier anesthésiste | Spécialisation en bloc et réanimation | Concours après expérience professionnelle |
| Infirmier de bloc opératoire | Spécialisation chirurgicale | Concours après expérience professionnelle |
| Puéricultrice | Spécialisation enfant et nouveau-né | Concours après le diplôme d’État |
| Infirmier en pratique avancée | Master, suivi de patients et compétences élargies | Après plusieurs années d’exercice |
| Cadre de santé | Encadrement d’équipe, gestion de service | Formation en institut après expérience |
| Enseignement et recherche | Formateur en IFSI, sciences infirmières | Master puis doctorat selon le parcours |
Le grade de licence attaché au diplôme facilite ces poursuites, puisqu’il ouvre l’accès aux masters. Les étudiants qui envisagent un master universitaire après leurs études d’infirmier passent par la plateforme nationale de candidature en master, dont le fonctionnement diffère sensiblement de Parcoursup.
Les alternatives si la candidature n’aboutit pas
Compte tenu de la tension sur les places, il serait imprudent de bâtir une liste de vœux uniquement sur des études d’infirmier. Voici les options à préparer en parallèle, sans les considérer comme des lots de consolation.
- La phase complémentaire. Des places se libèrent chaque été, souvent dans des instituts moins demandés ou plus éloignés. Une candidature préparée en amont permet de réagir vite.
- Le diplôme d’aide-soignant. Une année de formation, un métier immédiatement exerçable, et une passerelle vers l’IFSI par la voie de la formation professionnelle continue après expérience.
- Une première année universitaire en licence de sciences ou en licence sciences sanitaires et sociales. Elle consolide les bases scientifiques et permet de représenter un dossier renforcé l’année suivante.
- Les autres formations paramédicales. Ergothérapie, psychomotricité, diététique, ou encore le métier de manipulateur en électroradiologie médicale, qui partage une bonne partie des attendus.
- Les études de santé par le PASS ou la LAS. Si votre projet est plus large que le soin infirmier, notre comparatif PASS ou LAS vous aidera à trancher.
Une remarque sur la stratégie du report d’un an : représenter un dossier après une année de licence validée fonctionne, à condition que cette année soit réellement travaillée. Une année blanche mal exploitée affaiblit la candidature.
Besoin d’aide ?
Beaucoup de candidatures en IFSI échouent non pas par manque de motivation, mais parce que le dossier ne parvient pas à rendre cette motivation visible et vérifiable pour une commission qui lit des centaines de textes très semblables.
Coachingsup Orientation accompagne chaque année des lycéens et des étudiants qui visent des études d’infirmier ou une autre formation de santé. Le travail porte sur la vérification du projet, la construction d’une liste de vœux réaliste, la rédaction des projets de formation motivés et la valorisation des expériences. L’accompagnement se fait en présentiel à Paris ou en visioconférence partout en France.
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Questions fréquentes
Faut-il passer un concours pour entrer en études d’infirmier ?
Non, plus depuis 2019 pour les candidats titulaires du baccalauréat. L’admission se fait sur dossier via Parcoursup, examiné par des commissions de regroupements d’instituts. Un concours subsiste uniquement pour certaines voies de formation professionnelle continue, notamment pour les aides-soignants justifiant d’une expérience.
Quelle moyenne faut-il pour être admis en IFSI ?
Aucun seuil officiel n’existe. Les commissions examinent l’ensemble du dossier : bulletins, régularité des résultats, projet de formation motivé, activités et centres d’intérêt. Le niveau requis varie fortement d’un institut à l’autre selon sa demande. Les taux d’accès des sessions précédentes figurent sur chaque fiche de formation Parcoursup.
Quelles spécialités de terminale privilégier pour des études d’infirmier ?
Aucune n’est obligatoire. La SVT est la plus directement utile, les mathématiques sécurisent les calculs de doses, la physique-chimie aide en pharmacologie. Les bacheliers technologiques ST2S et certains bacheliers professionnels du secteur sanitaire et social sont admis chaque année. La cohérence du dossier compte davantage que la combinaison choisie.
La réforme de 2026 change-t-elle la durée des études d’infirmier ?
Non. La formation reste organisée sur trois ans et six semestres, pour 180 crédits ECTS et un diplôme d’État conférant le grade de licence. La réforme modifie le contenu du programme, augmente le volume horaire, rend obligatoires des stages en santé mentale et en santé de l’enfant et intègre la prescription infirmière en dernière année.
Peut-on faire des études d’infirmier en alternance ou à distance ?
La formation initiale ne se fait pas à distance, car elle repose sur des stages et des travaux pratiques en présentiel. Certains instituts proposent des parcours en apprentissage, généralement à partir de la deuxième ou de la troisième année. Les modalités varient selon les régions et se vérifient directement auprès de l’institut concerné.
Que faire si je ne suis accepté dans aucun IFSI ?
La phase complémentaire permet souvent de trouver une place dans un institut moins demandé. Il est également possible de préparer le diplôme d’aide-soignant, de valider une première année de licence scientifique ou sanitaire et sociale puis de représenter un dossier renforcé, ou de s’orienter vers une autre formation paramédicale proche.
Le diplôme d’État d’infirmier permet-il de poursuivre en master ?
Oui. Le diplôme confère le grade de licence, ce qui ouvre l’accès aux masters universitaires, notamment en santé publique, en sciences infirmières ou en pratique avancée. Certaines spécialisations comme infirmier anesthésiste ou puéricultrice passent en revanche par des concours spécifiques après une expérience professionnelle.
Conclusion
Trois idées à retenir. D’abord, les études d’infirmier offrent une insertion professionnelle rare, mais l’entrée en IFSI est devenue très concurrentielle depuis la suppression du concours : la préparation du dossier fait la différence. Ensuite, la formation est plus exigeante scientifiquement et plus dense que son image ne le laisse croire, et le référentiel entré en vigueur en septembre 2026 renforce encore ce point. Enfin, une liste de vœux équilibrée et des alternatives préparées en amont valent mieux qu’un pari unique sur les instituts les plus demandés.
La bonne nouvelle, c’est que tout cela se construit à l’avance. Un projet vérifié dès la première laisse le temps d’aller observer, de se former aux premiers secours et d’écrire un texte qui tient debout.
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