Votre enfant veut devenir médecin, sage-femme, dentiste, pharmacien ou kiné, et vous découvrez qu’il faut désormais trancher entre deux portes d’entrée : le PASS et la LAS. Ce choix, qui se fait dès Parcoursup, en terminale, peut sembler technique. Il est pourtant déterminant. Selon le parcours retenu, les chances de réussite, le rythme de travail et les solutions de repli en cas d’échec ne sont pas les mêmes. Choisir entre PASS ou LAS sans avoir compris la mécanique de chaque voie, c’est prendre le risque de perdre une année précieuse.
Chaque année, des milliers de familles nous posent la même question : faut-il privilégier le PASS, plus rapide mais plus risqué, ou la LAS, plus sécurisante mais parfois plus exigeante sur l’organisation ? La vérité, c’est qu’il n’existe pas de bonne réponse universelle. Il existe une réponse adaptée au profil de votre enfant, à ses résultats au lycée, à sa résistance à la pression et à son projet à long terme.
Dans ce guide complet, nous vous expliquons concrètement ce que recouvrent le PASS et la LAS, leurs différences réelles, les critères pour décider, les pièges fréquents et ce que prépare la réforme de 2027. Objectif : vous permettre de choisir entre PASS ou LAS en toute lucidité, sans subir la décision.
PASS ou LAS : de quoi parle-t-on exactement ?
Depuis la suppression de la PACES en 2020, l’accès aux études de santé passe par deux parcours, tous deux disponibles sur Parcoursup. Ils mènent aux mêmes filières, regroupées sous le sigle MMOPK : médecine, maïeutique (sage-femme), odontologie (dentaire), pharmacie et kinésithérapie.
Le PASS : Parcours Accès Spécifique Santé
Le PASS est une première année universitaire entièrement tournée vers la santé. L’étudiant suit une majeure santé (anatomie, biochimie, biophysique, santé publique, etc.) accompagnée d’une mineure dans une autre discipline de son choix (droit, biologie, économie, psychologie…). Cette mineure n’est pas un détail : elle constitue le filet de sécurité du parcours.
Le PASS s’adresse aux profils solides, capables d’absorber un programme dense et de tenir un rythme intense dès septembre. C’est la voie la plus directe vers la deuxième année de santé, mais aussi la plus exigeante. Point capital : on ne redouble jamais un PASS. En cas d’échec à la sélection, l’étudiant bascule en deuxième année de la licence correspondant à sa mineure, d’où il pourra retenter sa chance.
La LAS : Licence Accès Santé
La LAS est, à l’inverse, une licence classique (droit, STAPS, biologie, chimie, psychologie, sciences…) à laquelle on ajoute une option ou mineure santé. L’étudiant suit donc le programme normal de sa licence, avec en plus quelques enseignements de santé qui le rendent éligible à la sélection MMOPK.
La LAS a un double avantage. D’abord, elle permet de poursuivre une licence complète et reconnue même si la santé ne fonctionne pas. Ensuite, elle répartit la tentative santé sur plusieurs années : un étudiant peut candidater aux filières de santé en L1, puis de nouveau en L2 ou L3 s’il n’a pas réussi du premier coup, dans la limite de deux tentatives au total. C’est la voie la plus sécurisante, idéale pour les profils qui veulent garder une porte ouverte.
PASS ou LAS : le tableau comparatif complet
| Critère | PASS | LAS |
| Nature de la formation | Année majeure santé + mineure disciplinaire | Licence disciplinaire + option/mineure santé |
| Volume de santé | Très élevé | Modéré |
| Rythme | Très intense dès septembre | Soutenu mais plus progressif |
| Redoublement | Impossible (pas de seconde année de PASS) | Possible dans le cadre de la licence |
| Nombre de tentatives santé | 1 (en L1) | Jusqu’à 2 (L1 puis L2/L3) |
| Solution de repli | L2 de la licence de la mineure | Poursuite de la licence engagée |
| Profil idéal | Excellent dossier, gros rythme de travail | Bon dossier, besoin de sécurité |
Retenez l’essentiel : le PASS maximise la quantité de santé et la rapidité, mais offre une seule chance par cette voie. La LAS dilue la santé dans une vraie licence et préserve un avenir si la sélection échoue. Choisir entre PASS ou LAS revient donc largement à arbitrer entre intensité et sécurité.
PASS ou LAS : les vrais critères pour décider
1. Le niveau et la régularité au lycée
Un dossier solide et régulier en terminale, notamment en spécialités scientifiques (mathématiques, physique-chimie, SVT), oriente naturellement vers le PASS, qui récompense la capacité à encaisser un programme lourd. Un dossier bon mais irrégulier, ou un profil qui doute encore de son projet, se sentira souvent mieux en LAS, où la pression est mieux répartie dans le temps.
2. La résistance à la pression
Le PASS est une année éprouvante psychologiquement : volume massif, sélection forte, une seule tentative. Tous les bons élèves ne tiennent pas ce rythme. La LAS convient mieux aux étudiants qui travaillent bien mais ont besoin d’un cadre plus humain pour donner le meilleur d’eux-mêmes.
3. Le projet de repli
Posez-vous la question franchement : si la santé ne marche pas, que devient mon enfant ? En PASS, le repli se fait en deuxième année de la licence de la mineure, ce qui suppose d’avoir choisi une mineure qui plaît réellement. En LAS, le repli est plus naturel puisque l’étudiant est déjà inscrit dans une licence qui l’intéresse. Le choix de la discipline (droit, STAPS, biologie…) doit donc être un vrai choix, pas un simple prétexte pour faire de la santé.
4. Le numerus apertus et les places locales
Le numerus clausus national a disparu : il a été remplacé par le numerus apertus. Concrètement, chaque université fixe désormais elle-même son nombre de places en médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie, en fonction des besoins du territoire et de ses capacités de formation. La répartition des places entre PASS et LAS varie d’une faculté à l’autre. Avant de candidater, il est donc indispensable de regarder les chiffres de l’université visée, car deux villes voisines peuvent offrir des équilibres très différents.
PASS ou LAS : les pièges les plus fréquents
Premier piège : choisir une mineure (en PASS) ou une licence (en LAS) qui ne plaît pas, uniquement parce qu’on la croit « facile ». C’est la meilleure façon de se retrouver coincé dans une deuxième année qu’on déteste après un échec à la sélection.
Deuxième piège : sous-estimer la charge de la LAS. Beaucoup de familles imaginent la LAS comme une voie de repos. C’est faux. L’étudiant doit réussir sa licence ET la mineure santé en même temps, ce qui demande une organisation rigoureuse. La LAS est plus sécurisante, pas plus facile.
Troisième piège : surestimer la régularité de son enfant en PASS. Un excellent élève de terminale peut s’effondrer face au volume et à la solitude du PASS si rien n’a été anticipé en matière de méthode de travail et de gestion du stress.
Quatrième piège : raisonner sur une seule université. Comme le nombre de places dépend désormais de chaque faculté, candidater à plusieurs villes en pesant les chances réelles est une stratégie souvent décisive.
Ce que change la réforme des études de santé en 2027
Il est important de le savoir dès maintenant : le PASS et la LAS vivent leurs dernières années. Pour la rentrée 2026, les deux voies restent en vigueur et le choix entre PASS ou LAS conserve tout son sens. Mais à partir de la rentrée 2027, le gouvernement a acté une voie unique nationale d’accès aux études de santé, qui remplacera le système actuel.
Cette nouvelle première année, accessible elle aussi via Parcoursup, sera organisée en trois blocs d’enseignements : un bloc santé, un bloc disciplinaire et un bloc transversal. Tous les futurs étudiants en santé suivront ainsi un tronc commun, ce qui doit simplifier le système et rétablir davantage d’équité entre les candidats. Les cinq filières MMOPK resteront concernées.
Côté redoublement, la réforme prévoit la possibilité de redoubler une fois la première année, mais sans nouvelle tentative supplémentaire à la sélection : le redoublement servira à consolider ses résultats, pas à obtenir un ticket en plus. Si votre enfant entre dans le supérieur en 2026, il relève encore du système PASS/LAS ; s’il vise 2027, il faudra raisonner avec ce nouveau cadre. Dans les deux cas, l’anticipation reste la meilleure alliée.
Exemple concret : Camille, entre PASS et LAS
Camille, 17 ans, rêvait de médecine. Très bonne élève en SVT mais sujette au stress, elle hésitait entre PASS ou LAS. En PASS, ses notes lui ouvraient toutes les portes, mais nous redoutions que la pression d’une seule tentative ne la paralyse. En LAS, elle pouvait construire son projet plus sereinement.
Après un bilan d’orientation approfondi, nous avons identifié qu’elle adorait aussi la biologie et que cette discipline pouvait être un vrai projet, pas un simple repli. Camille a choisi une LAS biologie avec option santé. Résultat : une première année réussie, une candidature santé solide et, surtout, l’assurance de poursuivre une licence qu’elle aimait quoi qu’il arrive. Pour elle, la LAS n’était pas un second choix, mais le bon choix.
À l’inverse, son camarade Théo, ultra régulier et très résistant à la pression, a opté pour un PASS avec mineure droit. Il a décroché médecine dès la première année. Deux profils, deux bons choix : la preuve qu’entre PASS ou LAS, tout dépend de la personne.
Besoin d’aide pour choisir entre PASS ou LAS ?
Choisir entre PASS ou LAS, sélectionner la bonne mineure ou la bonne licence, comparer les chances réelles selon les universités et bâtir un dossier Parcoursup cohérent : tout cela demande du recul et une bonne connaissance du système. C’est exactement ce que nous faisons chez CoachingSup Orientation.
Notre accompagnement orientation études de santé comprend un bilan complet du profil de votre enfant, une analyse de ses chances selon les universités visées, une aide au choix PASS ou LAS, l’optimisation des vœux et de la lettre de motivation Parcoursup, et un appui sur les méthodes de travail. Vous pouvez aussi découvrir nos bilans d’orientation et nous écrire via notre page contact.
Pour en parler avec un coach, contactez-nous au 01 87 66 64 38 ou rendez-vous sur coachingsup.fr. Notre cabinet est implanté à Paris et nous accompagnons à distance des familles partout en France.
FAQ : PASS ou LAS
PASS ou LAS : lequel offre le plus de chances de faire médecine ?
Tout dépend du profil et de l’université. Le PASS propose souvent davantage de places mais une seule tentative, tandis que la LAS permet jusqu’à deux tentatives réparties sur la licence. Pour un excellent élève très résistant à la pression, le PASS peut maximiser les chances ; pour un profil plus régulier sur la durée, la LAS est souvent plus payante. Le nombre de places dépendant de chaque faculté, il faut toujours vérifier les chiffres de l’université visée.
Peut-on redoubler en PASS ?
Non. Le PASS ne se redouble pas. En cas d’échec à la sélection, l’étudiant poursuit en deuxième année de la licence correspondant à sa mineure, à partir de laquelle il pourra éventuellement retenter sa chance en santé via le parcours LAS.
La LAS est-elle vraiment plus facile que le PASS ?
Non, c’est une idée reçue. La LAS est plus sécurisante car elle débouche sur une licence complète, mais elle reste exigeante : il faut réussir à la fois sa licence et sa mineure santé. Elle demande une grande rigueur d’organisation tout au long de l’année.
Faut-il avoir fait des spécialités scientifiques au lycée ?
Pour la plupart des PASS et des LAS scientifiques, les spécialités physique-chimie, SVT et mathématiques sont fortement recommandées. Certaines LAS adossées à d’autres disciplines (droit, économie, STAPS) sont plus ouvertes, mais un socle scientifique solide reste un atout majeur en santé.
La réforme de 2027 change-t-elle mon choix pour 2026 ?
Non. Pour la rentrée 2026, le système PASS/LAS reste en vigueur et le choix conserve tout son sens. La voie unique n’entrera en application qu’à la rentrée 2027. Si votre enfant vise 2027, il faudra raisonner avec le nouveau cadre en trois blocs.
À quel moment se décide le choix entre PASS ou LAS ?
Le choix se construit dès la terminale, au moment de formuler ses vœux sur Parcoursup. C’est pourquoi il vaut mieux anticiper l’analyse du profil et des universités plusieurs mois à l’avance, idéalement avant l’ouverture de la plateforme.
Conclusion : choisir entre PASS ou LAS, une question de profil
Il n’y a pas de voie magique. Le PASS récompense l’intensité et la rapidité, la LAS protège l’avenir et répartit le risque. Le bon choix entre PASS ou LAS dépend du niveau de votre enfant, de sa résistance à la pression, de son projet de repli et de l’université visée. Bien analysé, ce choix devient un levier de réussite plutôt qu’une source d’angoisse.
Si vous hésitez encore, ne restez pas seul face à une décision aussi structurante. Un regard extérieur et expert peut faire toute la différence entre une année subie et une année réussie.
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Sources officielles : service-public.gouv.fr et ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.



