Bologne, Milan, Padoue, Rome, Turin : les études en Italie après le bac séduisent un nombre croissant de lycéens français, attirés par des universités historiques, un coût de la vie souvent plus abordable qu’en France dans certaines villes, et une proximité culturelle et géographique rassurante pour les familles. Chez CoachingSup Orientation, ce projet revient régulièrement dans nos échanges, notamment pour les filières de médecine, d’architecture, de design ou de commerce international.
Mais l’Italie a ses propres codes administratifs : test TOLC obligatoire pour de nombreuses filières, procédure d’inscription en ligne parfois déroutante, calendrier universitaire différent de celui de Parcoursup, et pour certaines filières comme la médecine, un concours d’entrée spécifique et sélectif. Sans préparation, une famille peut découvrir trop tard qu’un test se réserve plusieurs semaines à l’avance ou qu’un document administratif italien est indispensable pour valider une inscription.
Ce guide reprend, étape par étape, tout ce qu’il faut savoir pour construire un projet d’études en Italie après le bac solide, que ce soit en première intention ou en complément d’un dossier Parcoursup.
1. Pourquoi choisir l’Italie après le bac ?
L’Italie n’est pas qu’une destination de repli : c’est un choix assumé par de plus en plus de familles françaises, pour des raisons très concrètes.
Un coût de la vie souvent plus accessible
En dehors de Milan et de quelques quartiers centraux de Rome, de nombreuses villes universitaires italiennes affichent des loyers et un coût de la vie quotidienne inférieurs à ceux observés dans les grandes métropoles françaises ou anglo-saxonnes. Bologne, Padoue, Pise ou Turin restent des villes étudiantes vivantes à des tarifs raisonnables.
Des formations reconnues et un large choix de filières
L’Italie compte parmi les plus anciens systèmes universitaires d’Europe, avec des établissements réputés en architecture, en design, en droit, en économie et en médecine. Plusieurs universités proposent désormais des cursus entièrement enseignés en anglais, en particulier au niveau master, ce qui élargit les possibilités pour un lycéen français ne maîtrisant pas encore l’italien.
Une proximité géographique et culturelle appréciable
Quelques heures de train ou de vol séparent la France de la plupart des grandes villes italiennes, ce qui facilite les allers-retours en famille. La proximité culturelle, héritée d’une histoire commune, rassure également de nombreux parents au moment d’envisager un départ dès la sortie du bac.
2. Le bac français est-il reconnu par les universités italiennes ?
Le baccalauréat français est en principe reconnu comme diplôme d’accès à l’enseignement supérieur italien, mais la procédure administrative pour le faire valoir mérite d’être anticipée.
La dichiarazione di valore, un document encore parfois demandé
Historiquement, les candidats internationaux devaient obtenir une « dichiarazione di valore » auprès du consulat italien, attestant de la valeur du diplôme français. De nombreuses universités simplifient aujourd’hui cette procédure pour les étudiants européens et acceptent une auto-certification ou une vérification via le portail CIMEA (Centro di informazione sulla mobilità e le equivalenze accademiche). Le plus sûr reste de vérifier, université par université, la procédure exacte exigée l’année de la candidature.
Le portail CIMEA pour vérifier l’équivalence
Le CIMEA, organisme national de référence en matière de reconnaissance des diplômes étrangers, publie des grilles d’équivalence permettant de situer le niveau du bac français par rapport au diplôme italien de fin de lycée. Certaines filières exigent en complément un nombre minimal d’années d’études secondaires, un point qui ne pose généralement pas de difficulté pour un bac français obtenu en terminale.
Vérifier chaque établissement
Comme pour toute destination internationale, notre recommandation reste la même : vérifier les prérequis exacts auprès de chaque université ciblée, plutôt que de supposer qu’un bac obtenu avec une mention suffit automatiquement pour toutes les filières.
3. Le système universitaire italien : comprendre le « 3+2 »
L’Italie applique, comme la France, le système européen LMD (Licence-Master-Doctorat), localement surnommé le « 3+2 ».
La laurea triennale, équivalent de la licence
La laurea triennale se déroule sur trois ans et correspond à la licence française. Elle donne accès, selon les résultats obtenus, à une laurea magistrale, l’équivalent du master, qui se déroule généralement sur deux années supplémentaires.
Des filières à accès libre et des filières à numerus clausus
La majorité des filières italiennes sont dites « ad accesso libero », c’est-à-dire sans sélection à l’entrée au-delà de la vérification des prérequis administratifs. D’autres filières, notamment médecine, dentaire, médecine vétérinaire et certains cursus d’architecture ou d’ingénierie très demandés, sont à numerus clausus avec un concours d’entrée nommé « accesso programmato ».
Un rythme universitaire différent
L’année universitaire italienne s’organise généralement en deux semestres avec des sessions d’examens à plusieurs reprises dans l’année, offrant une certaine souplesse pour repasser un examen non validé. Ce fonctionnement diffère sensiblement du rythme français, ce qui mérite d’être expliqué au lycéen avant son départ.
4. Comment s’inscrire : Universitaly, TOLC et démarches pratiques
Contrairement à un étudiant extra-européen, un lycéen français, citoyen de l’Union européenne, n’a besoin ni de visa étudiant ni de titre de séjour pour s’inscrire dans une université italienne.
Pas de préinscription Universitaly obligatoire pour les étudiants européens
La plateforme Universitaly, utilisée par les étudiants non européens pour la préinscription consulaire, n’est généralement pas requise pour un candidat français. L’inscription se fait directement auprès de l’université visée, via son propre portail en ligne, dans les délais fixés par chaque établissement.
Le test TOLC, une étape incontournable pour de nombreuses filières
Le TOLC (Test OnLine CISIA) est un test d’admission standardisé utilisé par la majorité des universités italiennes publiques pour les filières à accès libre en sciences, économie, ingénierie ou sciences humaines. Il évalue la logique, la compréhension de texte et des compétences disciplinaires selon la filière visée. En 2026, un TOLC coûte environ 35 euros et peut généralement être repassé une fois par mois calendaire, ce qui laisse une marge de progression au candidat.
L’immatricolazione, l’inscription administrative définitive
Une fois l’admission obtenue, l’étudiant doit finaliser son « immatricolazione », l’inscription administrative définitive, en fournissant les documents demandés : diplôme du baccalauréat, relevé de notes, pièce d’identité, et selon les universités, un certificat de compétence linguistique. Ce processus se déroule généralement en ligne, mais certains établissements demandent un passage physique ou une validation via un rendez-vous consulaire.
5. Quel niveau de langue faut-il pour étudier en Italie ?
Le niveau de langue exigé dépend directement de la filière et de la langue d’enseignement du programme choisi.
Pour les cursus enseignés en italien
La plupart des universités demandent un niveau B2 en italien, souvent vérifié par un test de langue organisé par l’établissement ou par un certificat reconnu, comme le CILS ou le CELI. Un lycéen visant une rentrée en Italie doit donc anticiper cet apprentissage dès la classe de première pour espérer un niveau suffisant en terminale.
Pour les cursus enseignés en anglais
Plusieurs universités italiennes proposent des bachelors et surtout des masters entièrement en anglais, en particulier dans les domaines de l’économie, du commerce international, de l’ingénierie et de la médecine. Un score IELTS autour de 6.0 à 6.5, ou un score TOEFL équivalent, est généralement demandé.
Anticiper le test dès la première
Nous conseillons systématiquement aux lycéens intéressés par l’Italie de passer un test de langue certifié dès la classe de première, italien ou anglais selon le projet, afin de disposer d’un score valide au moment du dépôt de dossier.
6. Focus médecine : le test IMAT et la sélection en Italie
La médecine reste l’une des filières les plus recherchées par les familles françaises intéressées par l’Italie, notamment en raison de cursus anglophones ouverts aux étudiants internationaux.
L’IMAT, un test commun à plusieurs universités
L’IMAT (International Medical Admissions Test) est le test d’entrée utilisé par plusieurs universités italiennes proposant des cursus de médecine en anglais, dont certaines figurent parmi les plus demandées par les candidats étrangers. Il évalue la logique, la culture générale scientifique, la biologie, la chimie et la physique, sur un format proche d’un concours de type QCM.
Une sélectivité réelle à ne pas sous-estimer
Le nombre de places réservées aux étudiants internationaux reste limité, et la concurrence internationale sur ce test est forte. Une préparation sérieuse, engagée plusieurs mois à l’avance, augmente significativement les chances de réussite, à l’image de ce qui se pratique pour les concours de médecine en France.
Une alternative à envisager avec lucidité
La médecine en Italie peut constituer une option intéressante pour un lycéen au dossier solide mais qui craint la pression du PASS ou de la LAS en France. Elle ne doit toutefois pas être choisie par défaut, sans préparation réelle au test IMAT ni réflexion sur la suite du parcours, notamment la reconnaissance du diplôme pour exercer en France.
7. Combien coûtent réellement les études en Italie ?
L’Italie reste, pour un étudiant européen, une destination nettement plus abordable que le Royaume-Uni ou les États-Unis, avec un système de frais de scolarité indexé sur les revenus familiaux.
| Poste de dépense | Montant indicatif 2026 |
|---|---|
| Frais de scolarité dans le public, calculés selon l’ISEE (revenus familiaux) | de 200 € à environ 4 000 € par an selon l’université et les revenus déclarés |
| Frais de scolarité dans le privé (universités type Bocconi, Luiss) | 8 000 € à 15 000 € par an, voire davantage selon la filière |
| Logement étudiant (chambre ou colocation) | 350 € à 700 € par mois selon la ville (Milan sensiblement plus cher) |
| Budget de vie courante (hors logement) | environ 500 € à 700 € par mois |
| Test TOLC ou IMAT | environ 35 € à 100 € selon le test et l’université |
Le système ISEE, une spécificité italienne
Contrairement à la France, les universités publiques italiennes calculent les frais de scolarité en fonction des revenus du foyer familial, via une déclaration appelée ISEE (ou son équivalent pour les familles non résidentes en Italie). Ce mécanisme permet à de nombreuses familles de payer des frais très inférieurs au tarif plein, à condition de constituer le dossier de revenus demandé.
Des bourses régionales à ne pas négliger
Chaque région italienne gère son propre organisme de droit aux études (DSU), qui attribue des bourses couvrant tout ou partie des frais de scolarité et parfois une aide au logement, sous conditions de revenus et de mérite académique. Ces bourses sont accessibles aux étudiants européens dans les mêmes conditions qu’aux étudiants italiens.
8. Italie et Parcoursup : comment concilier les deux calendriers ?
Candidater en Italie n’oblige pas à renoncer à Parcoursup : les deux démarches sont indépendantes et peuvent être menées en parallèle.
Une stratégie de sécurisation
Pour un lycéen dont le dossier Parcoursup reste incertain sur des filières sélectives, maintenir une candidature italienne en parallèle constitue une option de repli sérieuse, à condition d’anticiper les dates des tests TOLC ou IMAT, qui se déroulent souvent avant les résultats Parcoursup.
Un choix de préférence assumé
Pour d’autres familles, l’Italie est un premier choix assumé, notamment pour la médecine, l’architecture, le design ou l’économie internationale. Dans ce cas, nous conseillons tout de même de conserver quelques vœux Parcoursup de sécurité tant que l’admission italienne n’est pas définitivement confirmée.
9. Les erreurs les plus fréquentes à éviter
D’après notre expérience d’accompagnement, plusieurs erreurs reviennent régulièrement chez les familles qui découvrent tardivement les règles du système italien.
Sous-estimer la préparation au test TOLC ou IMAT
Considérer ces tests comme une simple formalité administrative, sans préparation dédiée, est l’une des erreurs les plus coûteuses, en particulier pour l’IMAT dont la sélectivité reste réelle.
Négliger le dossier ISEE ou son équivalent
Ne pas constituer à temps le dossier de revenus permettant de bénéficier des frais de scolarité réduits conduit certaines familles à payer le tarif plein par défaut, alors qu’elles auraient pu prétendre à un tarif nettement inférieur.
Confondre les filières à accès libre et à numerus clausus
Certains lycéens découvrent trop tard qu’une filière visée fonctionne sur concours, après avoir organisé leur calendrier comme s’il s’agissait d’une inscription à accès libre.
Ne pas anticiper le logement dans les grandes villes
Milan et, dans une moindre mesure, Bologne connaissent une tension croissante sur le marché du logement étudiant. Attendre la confirmation d’admission pour commencer à chercher un logement expose à des délais serrés à l’approche de la rentrée.
Besoin d’aide pour construire votre projet d’études en Italie ?
Un projet d’études en Italie après le bac se prépare avec méthode, en particulier pour réussir le test TOLC ou l’IMAT et constituer un dossier ISEE à temps. CoachingSup Orientation accompagne les lycéens et leurs familles dans la construction de ce type de projet, en parallèle ou en complément d’une stratégie Parcoursup.
Nous vous aidons à choisir la bonne filière et la bonne ville selon votre profil, à préparer les tests d’admission et à sécuriser chaque échéance administrative. Notre approche reste transparente sur les tarifs et la méthode dès le premier échange, sans engagement.
CoachingSup Orientation
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Site : coachingsup.fr
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FAQ : vos questions sur les études en Italie après le bac
Le bac français est-il suffisant pour candidater en Italie ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Le baccalauréat français est reconnu comme diplôme d’accès à l’enseignement supérieur italien. Certaines universités demandent une vérification via le portail CIMEA ou une dichiarazione di valore, à confirmer auprès de chaque établissement.
Faut-il parler italien pour étudier en Italie ?
Pas obligatoirement. De nombreux bachelors et surtout des masters sont entièrement enseignés en anglais, notamment en économie, en ingénierie et en médecine. Pour les cursus en italien, un niveau B2 est généralement requis.
Qu’est-ce que le TOLC et est-il obligatoire ?
Le TOLC est un test d’admission standardisé utilisé par la majorité des universités publiques italiennes pour les filières à accès libre. Il est obligatoire pour la plupart des cursus en sciences, économie, ingénierie et sciences humaines, et coûte environ 35 euros.
Peut-on faire médecine en Italie sans passer par le PASS ou la LAS ?
Oui. Plusieurs universités italiennes proposent des cursus de médecine en anglais accessibles via le test IMAT, sans passer par le PASS ou la LAS français. La sélectivité reste toutefois réelle et demande une préparation sérieuse.
Combien coûtent réellement les études en Italie ?
Dans le public, les frais de scolarité sont calculés selon les revenus familiaux (ISEE) et peuvent varier de 200 à environ 4 000 euros par an. Le coût de la vie reste globalement inférieur à celui du Royaume-Uni ou des États-Unis, hors Milan.
Peut-on candidater en Italie tout en gardant des vœux sur Parcoursup ?
Oui, les deux démarches sont totalement indépendantes et peuvent être menées en parallèle, à condition d’anticiper les dates des tests TOLC ou IMAT, qui se déroulent souvent avant les résultats Parcoursup.
Conclusion : une destination accessible, à condition de bien préparer les tests d’admission
Les études en Italie après le bac représentent une option solide pour de nombreux lycéens, en particulier grâce à un coût de la vie souvent maîtrisé, des frais de scolarité indexés sur les revenus et des cursus reconnus en médecine, en architecture ou en économie, à condition de comprendre les règles spécifiques du système italien : reconnaissance du bac via CIMEA, préparation sérieuse au TOLC ou à l’IMAT, et anticipation du logement dans les grandes villes.
Si vous envisagez ce type de projet pour votre enfant, ou pour vous-même, le plus sûr est de poser un calendrier précis dès la classe de première, avant que les premières échéances de tests n’arrivent.
Vous pouvez également consulter nos articles sur les études à l’étranger après le bac ou sur les études en Espagne après le bac, ou nous contacter directement via notre page contact.
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Ressource : ONISEP.



